[Tatiana Giraud : des champignons aux fourmis]

À l’occasion de la Journée Internationale des Femmes et des Filles de Sciences, qui se tient chaque année le 11 février, Terminus des Sciences s’est penché sur l’organisation des sociétés. Ce fut l’occasion de mettre en avant divers travaux, dont ceux de Tatiana Giraud, biologiste de l’évolution qui étudie les mécanismes évolutifs permettant aux organismes de se diversifier et de s’adapter à leur environnement. Si Tatiana Giraud est surtout connue pour ses travaux en génomique évolutive sur les champignons, ses travaux entrent en résonance avec l’étude des colonies de fourmis et, plus largement, avec la compréhension des sociétés animales. Les colonies de fourmis fascinent depuis longtemps les biologistes. Elles fonctionnent comme des « superorganismes » : la colonie se comporte presque comme un seul être vivant, composé d’individus spécialisés. Certaines fourmis sont ouvrières, d’autres soldats, d’autres encore reines. La répartition des rôles, la coopération et parfois les conflits internes posent des questions…

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[Un ver des côtes atlantiques au secours de brûlés de Crans Montana]

Dans les premiers jours de l’incendie tragique du bar Le Constellation à Crans Montana, survenu le 1ᵉʳ janvier 2026 et ayant fait des dizaines de victimes et de nombreux blessés graves, les équipes médicales ont dû affronter une double urgence : sauver des vies et soigner des brûlures étendues chez des patients dont la peau et la microcirculation avaient été profondément endommagées. Confrontés à des zones de brûlure profondes où les vaisseaux sanguins sont détruits et incapables d’apporter naturellement l’oxygène nécessaire à la cicatrisation, les cliniciens ont eu recours à une technologie médicale innovante : un gel cicatrisant inspiré d’une molécule extraite d’un ver marin, Arenicola marina. Cette autorisation exceptionnelle d’usage compassionnel a été accordée au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne pour traiter plusieurs grands brûlés du drame, alors que les traitements classiques peinent à répondre aux besoins cliniques urgents des patients. L’origine de cette avancée remonte à la découverte, dans le…

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[Cocaïne : origine, transformation chimique et effets sur le cerveau]

Dans un contexte de tensions géopolitiques, certains produits illicites reviennent régulièrement dans les discours publics, à la fois comme enjeux sanitaires, économiques et criminels. La cocaïne en fait partie. D’un point de vue scientifique, il s’agit d’une molécule psychoactive puissante dont les effets reposent sur des mécanismes neurobiologiques bien connus, mais dont les conséquences sur l’organisme peuvent être graves, parfois dès les premières consommations. La cocaïne est un alcaloïde naturel présent dans les feuilles de coca, principalement issues de plantes du genre Erythroxylum, cultivées en Amérique du Sud. Les feuilles de coca ont été utilisées depuis longtemps dans certaines pratiques traditionnelles, notamment sous forme de mastication ou d’infusion, avec des effets stimulants relativement modérés. La cocaïne consommée aujourd’hui sous forme de poudre ou de cristaux correspond au contraire à une forme très concentrée et purifiée, dont l’intensité et les risques sont sans commune mesure avec l’usage traditionnel de la feuille…

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[L’impact des politiques américaines sur la recherche climatique]

Depuis plusieurs décennies, les États-Unis jouent un rôle déterminant dans le développement de la recherche climatique mondiale. L’impact des politiques américaines dans ce domaine est fort, qu’il s’agisse de financements, de données scientifiques ou d’architectes d’infrastructures de modélisation. Le premier levier est celui du financement fédéral, qui soutient la majorité des travaux de recherche fondamentale et appliquée sur le climat aux États-Unis. Des agences comme la NASA, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), la NSF (National Science Foundation) ou le Department of Energy (DOE) disposent de budgets dédiés à la surveillance des systèmes climatiques, au développement des modèles prédictifs, et à l’analyse des données issues des satellites, bouées océaniques et autres réseaux d’observation. Or, ces financements dépendent largement des priorités fixées par les administrations présidentielles et le Congrès quant aux orientations de recherche. L’alternance entre administrations républicaines et démocrates illustre bien ce phénomène. Sous la présidence de George W.…

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[Les accords de Paris ont 10 ans]

L’objectif des accords de Paris (COP21, 12 décembre 2015) était simple dans sa formulation, mais extrêmement ambitieux : mobiliser l’ensemble des États pour limiter le réchauffement climatique bien en‑dessous de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, et autant que possible à 1,5 °C, tout en adaptant les sociétés aux impacts croissants du changement climatique. Sur la décennie, plusieurs avancées structurantes peuvent être soulignées. L’accord a d’abord fonctionné comme un cadre multilatéral de référence qui a résisté à des contextes géopolitiques et économiques difficiles, y compris la pandémie de Covid‑19, sans qu’un grand État ne se désengage de façon durable (même si les États‑Unis ont connu deux périodes de retrait politique récent, sous la présidence de Donald Tromp). L’une des transformations les plus significatives a été l’adoption généralisée de contributions déterminées au niveau national (CDN), ces engagements volontaires de réduction des émissions et d’adaptation que chaque pays doit réviser tous les cinq ans. Cette logique…

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[Un Nobel tourné vers le quantique macroscopique]

Le prix Nobel de physique 2025 a été attribué à John Clarke, Michel H. Devoret et John M. Martinis pour « la découverte de l’effet tunnel quantique macroscopique et de la quantification de l’énergie dans un circuit électrique ». Parmi eux, Michel Devoret est français, ce qui offre une belle visibilité pour la recherche quantique en France. Ce prix souligne en outre une tendance forte : la frontière entre les phénomènes quantiques, habituellement confinés à une échelle atomique ou subatomique, et les objets de taille « macroscopique » est de plus en plus explorée dans la recherche fondamentale et appliquée. Dans la mécanique quantique, une particule peut traverser une barrière énergétique même si elle n’a pas l’énergie classique suffisante : c’est l’effet tunnel. Ce phénomène est familier à l’échelle atomique ou subatomique. Toutefois jusqu’à présent, on pensait que cette capacité d’« esquiver » une barrière était incompatible avec un système composé de très nombreuses…

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[Le Service national de police scientifique : missions et techniques employées]

Le Service national de police scientifique (SNPS) est un service à compétence nationale, rattaché directement au directeur général de la Police nationale. Avec 1200 agents sur le territoire, il s’appuie sur un réseau de cinq laboratoires de police scientifique (Lille, Lyon, Marseille, Paris, Toulouse) ainsi que sur un laboratoire central spécialisé en criminalistique numérique. La mission fondamentale du SNPS est de réaliser, à la demande des magistrats ou des services de police judiciaire, les examens, constatations et expertises techniques ou scientifiques liées à des affaires pénales. Cela couvre : Le prélèvement, l’analyse et la comparaison des traces et indices sur les scènes d’infraction L’expertise en biologie (notamment ADN), en empreintes digitales, en balistique, en documents (falsification, écriture), en toxicologie, en incendie / explosion, en stupéfiants, etc. L’exploitation des scellés envoyés aux laboratoires, pour des traitements multidisciplinaires La reconstitution des scènes (notamment via modélisation 3D, lasers‑scanners, photogrammétrie) pour permettre de revisiter…

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[Wi‑Fi à bord des trains : de nouvelles perspectives !]

Depuis plusieurs années, la SNCF propose un service Wi‑Fi à bord de ses trains, dont le principe repose sur un système d’antennes disposées le long des voies, combiné à des modems embarqués sur les rames. Ces modems captent le signal 4G ou 5G, qui est ensuite redistribué aux voyageurs via un réseau Wi‑Fi interne. Ce dispositif, bien que fonctionnel, présente des limites qui nuisent à la qualité de l’expérience utilisateur. Le principal obstacle technique tient à la structure même des trains. Les voitures, souvent métalliques, font écran aux ondes, un phénomène bien connu sous le nom d’effet de cage de Faraday. De plus, à grande vitesse, notamment à 300 km/h sur les lignes TGV, le train change de relais toutes les quinze secondes environ, ce qui rend difficile la stabilité de la connexion. À cela s’ajoutent les disparités de couverture mobile sur le territoire français où certaines zones rurales, montagneuses ou…

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[Neurocorticoïdes, agriculture et biodiversité : comprendre les enjeux de la loi Duplomb]

La récente loi Duplomb, adoptée en juillet 2025, a ravivé les tensions autour de l’usage de certains pesticides en agriculture, en particulier ceux que l’on regroupe sous le nom de neurocorticoïdes. Ce terme fait référence à des insecticides neuroactifs, proches des néonicotinoïdes, longtemps utilisés pour protéger les cultures des insectes ravageurs. Leur efficacité est indéniable : en agissant sur le système nerveux des insectes, ils provoquent leur paralysie et leur mort. Pourtant, ces substances ont aussi un revers préoccupant, car elles affectent bien plus que les seuls nuisibles visés. Le cœur du problème réside dans leur mode d’action et leur persistance. Les neurocorticoïdes, une fois appliqués, sont absorbés par la plante et se retrouvent dans toutes ses parties : feuilles, tiges, fleurs, mais aussi nectar et pollen. Cette propriété les rend redoutablement efficaces, mais elle expose aussi tous les insectes qui interagissent avec la plante, y compris les pollinisateurs comme les abeilles.…

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[Roland-Garros : quand la terre battue devient un terrain de physique]

La terre battue, surface emblématique de Roland-Garros, transforme profondément le jeu par ses propriétés physiques. La mécanique du mouvement permet de comprendre les performances observées sur ce terrain. Elle décrit les trajectoires, vitesses et forces impliquées dans les déplacements et les frappes. Chaque printemps, les plus grands noms du tennis foulent la terre ocre de Roland-Garros. Mais derrière les échanges spectaculaires et les glissades élégantes se cachent des principes de physique tout à fait concrets. La mécanique du mouvement permet de mieux comprendre pourquoi le jeu y est si particulier, si exigeant... et si passionnant à observer. La terre battue est constituée de fines particules (brique pilée), posées sur plusieurs couches de gravier et de calcaire. Sur cette surface, la balle va moins vite qu’ailleurs. Ce n’est pas une illusion : la surface ralentit les échanges car elle dissipe plus d’énergie cinétique. Contrairement aux courts en dur ou en gazon,…

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