Si la découverte de vestiges isolés de la préhistoire n’est pas rare, très rarement une collection complète d’objets personnels remontant à un individu précis se retrouve figée dans le temps. C’est ce qui vient de se produire en Europe centrale, avec une découverte archéologique qui nous rapproche comme jamais de la vie quotidienne d’un chasseur-cueilleur du Paléolithique supérieur, il y a environ 30 000 ans. Au cœur des hills de Pavlovské Vrchy, en République tchèque, des archéologues ont mis au jour ce qui pourrait être assimilé à un véritable « sac à dos » ou trousse d’outils d’un individu de l’Âge de glace. Découvert sur le site paléolithique de Milovice IV, ce lot d’artefacts n’est pas un ensemble dispersé d’outils isolés, mais une collection cohérente de 29 pièces rassemblées, soigneusement alignées dans ce qui semble avoir été leur condition d’origine. Ce qui rend cette découverte particulièrement remarquable, c’est qu’elle ne…
À l’occasion de la Journée Internationale des Femmes et des Filles de Sciences, qui se tient chaque année le 11 février, Terminus des Sciences s’est penché sur l’organisation des sociétés. Ce fut l’occasion de mettre en avant divers travaux, dont ceux de Tatiana Giraud, biologiste de l’évolution qui étudie les mécanismes évolutifs permettant aux organismes de se diversifier et de s’adapter à leur environnement. Si Tatiana Giraud est surtout connue pour ses travaux en génomique évolutive sur les champignons, ses travaux entrent en résonance avec l’étude des colonies de fourmis et, plus largement, avec la compréhension des sociétés animales. Les colonies de fourmis fascinent depuis longtemps les biologistes. Elles fonctionnent comme des « superorganismes » : la colonie se comporte presque comme un seul être vivant, composé d’individus spécialisés. Certaines fourmis sont ouvrières, d’autres soldats, d’autres encore reines. La répartition des rôles, la coopération et parfois les conflits internes posent des questions…
Dans les premiers jours de l’incendie tragique du bar Le Constellation à Crans Montana, survenu le 1ᵉʳ janvier 2026 et ayant fait des dizaines de victimes et de nombreux blessés graves, les équipes médicales ont dû affronter une double urgence : sauver des vies et soigner des brûlures étendues chez des patients dont la peau et la microcirculation avaient été profondément endommagées. Confrontés à des zones de brûlure profondes où les vaisseaux sanguins sont détruits et incapables d’apporter naturellement l’oxygène nécessaire à la cicatrisation, les cliniciens ont eu recours à une technologie médicale innovante : un gel cicatrisant inspiré d’une molécule extraite d’un ver marin, Arenicola marina. Cette autorisation exceptionnelle d’usage compassionnel a été accordée au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne pour traiter plusieurs grands brûlés du drame, alors que les traitements classiques peinent à répondre aux besoins cliniques urgents des patients. L’origine de cette avancée remonte à la découverte, dans le…
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie virale affectant principalement le bétail, notamment les bovins. Elle est causée par un virus du genre Capripoxvirus, appartenant à la famille des Poxviridae. Cette pathologie animale, encore absente de nombreuses régions du monde jusque récemment, suscite une vigilance croissante en raison de son potentiel de diffusion rapide et de ses conséquences économiques importantes. En date du 5 novembre 2025, 97 foyers ont été détectés en France, répartis dans six départements et concernent 66 élevages. La maladie se manifeste principalement par l'apparition de nodules sur la peau, d'où son nom. Ces nodules, qui peuvent mesurer plusieurs centimètres de diamètre, sont fermes, douloureux et parfois nécrotiques. Ils se forment sur différentes parties du corps, notamment le cou, les flancs, les mamelles ou les membres. L’évolution des lésions peut entraîner des cicatrices persistantes, voire une chute des poils ou de la peau dans les zones…
Les sources hydrothermales des grands fonds marins constituent l’un des environnements les plus étonnants où la vie a été découverte. À plusieurs kilomètres sous la surface des océans, en effet, là où règnent une obscurité totale, une pression écrasante et des températures glaciales, la vie semble improbable. Et pourtant, depuis les années 1970, les scientifiques ont découvert dans ces abysses marins des oasis inattendues : les sources hydrothermales. Ces cheminées sous-marines, actives sur les dorsales océaniques, rejettent de l'eau chauffée à plusieurs centaines de degrés Celsius, chargée de minéraux dissous et de gaz comme le sulfure d'hydrogène. Autour de ces panaches brûlants, prolifèrent une multitude d'organismes, parfois très spécialisés, qui ont développé des stratégies biologiques étonnantes pour tirer parti de ce milieu extrême. La découverte de ces écosystèmes, notamment lors de la mission de la submersible Alvin en 1977 au large des Galápagos, a bouleversé notre compréhension des conditions nécessaires…
Le cancer de la prostate reste le cancer le plus fréquent chez l’homme. Si son évolution est souvent lente, la détection précoce reste néanmoins essentielle pour éviter les formes agressives. Longtemps centré sur le dosage de l’antigène prostatique spécifique (APS ou PSA), le diagnostic connaît aujourd’hui une véritable révolution induite par l’amélioration des tests biologiques, la sophistication de l’imagerie médicale et l’intégration de l’intelligence artificielle. Le test PSA a longtemps été la pierre angulaire du dépistage. Ce marqueur sanguin, produit par la prostate, peut s’élever en cas de cancer, mais aussi en présence de pathologies bénignes comme l’hyperplasie ou une inflammation, conduisant à de nombreux faux positifs, et des biopsies invasives et parfois inutiles. Pour affiner les diagnostics, plusieurs indices dérivés du PSA ont été développés. Le pourcentage de PSA libre, la densité du PSA (rapporté au volume de la prostate), ou encore sa variation dans le temps (vélocité) apportent…
Le Prix Nobel de physiologie ou médecine 2025 a été décerné à trois chercheurs — Shimon Sakaguchi, Mary E. Brunkow et Frederick J. Ramsdell — pour leurs découvertes sur la tolérance immunitaire périphérique, un mécanisme clé permettant au système immunitaire de ne pas attaquer l’organisme lui-même. Cette avancée, longtemps jugée comme de la recherche fondamentale, est désormais au cœur de multiples innovations biomédicales et biotechnologiques. Le système immunitaire est souvent présenté comme un dispositif de défense chargé d’éliminer virus, bactéries et cellules anormales, mais sa puissance doit être maîtrisée : une immunité « débridée » peut provoquer des maladies auto-immunes (comme la sclérose en plaques ou le lupus), des inflammations chroniques, voire des rejets de greffes. Les trois lauréats ont contribué à mieux comprendre un mécanisme de « frein » immunitaire naturel. Ils ont mis en évidence un type spécifique de cellules immunitaires, appelées lymphocytes T régulateurs (ou Tregs), et le rôle du gène FOXP3…
Le mot « symbiose » évoque parfois une simple coopération entre espèces. Pourtant, ce phénomène biologique est au cœur même de l’histoire de la vie sur Terre. Sans les symbioses, les forêts, les récifs coralliens ou même notre propre existence n’auraient pas vu le jour. Ces interactions intimes et durables entre organismes façonnent les écosystèmes, influencent le climat et ont été des catalyseurs majeurs de l’évolution. En biologie, la symbiose désigne une relation étroite entre deux organismes d’espèces différentes. Elle peut être mutualiste (les deux partenaires en tirent bénéfice), commensale (l’un en bénéficie sans nuire à l’autre) ou parasitique (l’un profite au détriment de l’autre). Le terme a longtemps été réservé aux formes bénéfiques, mais il recouvre désormais tout le spectre des interactions interspécifiques durables. L’exemple le plus célèbre de symbiose évolutive est celui de l’endosymbiose à l’origine des cellules eucaryotes. Il y a environ 2 milliards d’années, une cellule…
Découvert dans le Moyen Atlas marocain, Spicomellus afer était déjà connu des paléontologues depuis 2021 grâce à un fragment osseux atypique. Mais de nouvelles fouilles ont récemment permis de mettre au jour un squelette bien plus complet, révélant un animal fascinant, à la fois par son anatomie inédite et par son importance évolutive. Une nouvelle étude publiée dans Nature datée du 27 août 2025 positionne ce dinosaure méconnu au cœur de la compréhension des dinosaures cuirassés. Spicomellus afer vivait il y a environ 165 millions d’années, durant le Jurassique moyen, ce qui en fait l’ankylosaure le plus ancien connu. Ce groupe de dinosaures, les ankylosauriens, est célèbre pour ses membres robustes, son armure corporelle et, pour certains, leur massue caudale. Il est souvent opposé aux stégosauriens, avec lesquels il partage une origine commune au sein des Thyréophores, un groupe de dinosaures ornithischiens. Mais Spicomellus n’est pas un ankylosaure ordinaire. En…
Source inépuisable d’énergie et de chaleur, le Soleil est à l’origine de la vie sur Terre. Son rayonnement influence profondément notre santé, tant sur le plan physiologique que psychologique. Mais si ses effets bénéfiques sont bien connus, une exposition prolongée ou mal maîtrisée peut aussi entraîner des conséquences graves. Il s’agit donc de comprendre ce que nous apporte le Soleil, mais aussi de mieux cerner les risques liés à ses rayons. L’exposition au Soleil favorise avant tout la synthèse de la vitamine D par la peau, grâce aux rayons ultraviolets de type B (UVB). Cette vitamine joue un rôle central dans l’absorption du calcium et du phosphore, et donc dans la santé osseuse. Elle est également impliquée dans le bon fonctionnement du système immunitaire. En général, quelques minutes d’exposition par jour suffisent à couvrir nos besoins, même si cela dépend de nombreux facteurs comme la saison, la latitude ou la…