Le programme Artemis marque le grand retour des ambitions lunaires habitées, plus de cinquante ans après les missions Apollo. Dans ce cadre, Artemis 2 constitue une étape clé : il s’agit de la première mission habitée du programme, récemment lancée, dont l’objectif principal est de tester en conditions réelles l’ensemble des systèmes nécessaires au transport d’astronautes autour de la Lune. Contrairement à Artemis 1, qui était une mission non habitée destinée à valider le lanceur SLS (Space Launch System) et le vaisseau Orion, Artemis 2 embarque un équipage de quatre astronautes. Leur trajectoire les conduit à effectuer un survol de la Lune avant de revenir sur Terre, sans alunissage. Ce profil de mission, relativement court mais très exigeant, permet de vérifier la fiabilité des systèmes de support de vie, de navigation et de communication dans un environnement lointain, bien au-delà de l’orbite terrestre basse. Sur le plan scientifique, Artemis 2…
Le rover Curiosity, qui explore la surface de Mars depuis 2012, vient de révéler les plus grandes molécules organiques jamais identifiées sur la planète rouge. Ces composés ont été détectés dans une roche très ancienne provenant d’un environnement qui était autrefois un lac. L’annonce renforce l’idée que Mars possédait autrefois les ingrédients chimiques nécessaires à une chimie organique complexe, voire aux prémices de la vie. La découverte concerne un échantillon de roche foré par Curiosity dans le cratère Gale, un vaste bassin d’impact de 154 kilomètres de diamètre que les scientifiques pensent avoir abrité un lac il y a environ 3,7 milliards d’années. À cette époque lointaine, Mars était probablement très différente de la planète froide et aride que l’on observe aujourd’hui : l’eau liquide pouvait s’y maintenir durablement, et les conditions environnementales semblaient plus favorables à l’apparition de processus chimiques complexes. Dans cet échantillon, baptisé Cumberland, les chercheurs ont…
Développé sous la maîtrise d’œuvre d’ArianeGroup pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA), Ariane 6 a réalisé son premier vol en configuration A64, c'est-à-dire avec quatre propulseurs, jeudi 12 février 2026. Elle a vocation à assurer l’accès autonome de l’Europe à l’espace. Les lanceurs ont un rôle stratégique. Si mettre un satellite en orbite est une prouesse technique, c’est aussi un enjeu économique, scientifique et politique. Les satellites de télécommunications, d’observation de la Terre, de navigation ou de recherche scientifique sont devenus essentiels dans le quotidien des Européens et disposer d’un lanceur fiable permet de ne pas dépendre d’autres puissances spatiales pour accéder à l’orbite. Ariane 5, en service depuis 1996, avait déjà acquis une solide réputation de fiabilité, notamment pour le lancement de satellites commerciaux lourds et de missions scientifiques ambitieuses comme le télescope spatial James Webb. Mais le marché a profondément évolué. L’émergence d’acteurs privés, en particulier…
Le 5 août 2025, la Terre a connu une rotation légèrement plus rapide que d’habitude. Ce jour-là, la durée exacte d’un tour complet a été inférieure d’environ 1,3 milliseconde à la norme des 86 400 secondes, soit 24 heures. Ce phénomène, imperceptible à l’échelle humaine, a cependant été suffisamment notable pour que les scientifiques le considèrent comme la journée la plus courte jamais enregistrée. Ce n’est pas un événement isolé : l’été 2025 a vu plusieurs journées de ce type, notamment les 9 et 22 juillet. Ce que ces journées ont en commun, c’est qu’elles marquent une accélération temporaire de la rotation de la Terre. Cela peut surprendre, car on sait que la rotation terrestre ralentit lentement au fil des siècles à cause des effets gravitationnels de la Lune. Pourtant, depuis les années 2020, on observe une tendance inverse : des accélérations ponctuelles, parfois brusques. Plusieurs phénomènes peuvent expliquer de telles…
Chaque été, lorsque les nuits sont douces et que le ciel se dégage, des milliers de curieux scrutent l’obscurité à l’affût d’un éclair fugace. Ce spectacle, que l’on appelle les Perséides, n’est pas une simple curiosité du ciel : c’est la manifestation visible d’un processus astronomique régulier qui relie notre planète à une comète lointaine. L’origine du phénomène remonte à la comète 109P/Swift-Tuttle, découverte en 1862 par deux astronomes américains. Cette comète suit une trajectoire elliptique autour du Soleil qui dure environ 133 ans. À chaque passage près de notre étoile, elle libère une traînée de poussières et de petits fragments, restes de matière cométaire. Ces débris se dispersent peu à peu dans l’espace, formant un immense nuage que l’orbite terrestre croise chaque année. Entre la mi-juillet et la fin août, la Terre pénètre dans cette zone chargée de particules. À ce moment-là, ces minuscules grains de matière – parfois…
Vue aérienne de l'antenne de détection des ondes gravitationnelles VIRGO (à Cascina, en Italie). UPS627 VIRGO 20030001_1143
En juillet 2025, les collaborations LIGO, Virgo et KAGRA ont annoncé la détection de l'événement GW231123, un signal gravitationnel d'une ampleur inédite. Cet événement, survenu le 23 novembre 2023, marque la fusion de deux trous noirs extraordinairement massifs, donnant naissance à un trou noir final de près de 225 fois la masse du Soleil. Il s'agit de la plus grosse coalescence de trous noirs jamais observée par ondes gravitationnelles. Les deux objets précurseurs pesaient environ 100 et 140 masses solaires. Or, selon les modèles actuels d'évolution stellaire, ces masses dépassent le seuil où une étoile peut normalement s'effondrer directement en trou noir. Cette "zone interdite", dite "mass gap", est généralement comprise entre 60 et 130 masses solaires. Pour expliquer leur existence, les astrophysiciens envisagent un scénario de fusion hiérarchique : chaque trou noir serait lui-même issu d'une fusion précédente, survenue dans un environnement dense tel qu'un amas globulaire ou un…
Le mois de juin 2025 offre une fenêtre incroyable pour admirer le ciel nocturne : la Voie lactée brille de son noyau le plus dense, les planètes principales s’alignent, et le solstice d’été apporte des nuits courtes mais magiques. Voici pourquoi cette période est une opportunité en or pour les passionné-e-s d’astronomie. À la tombée de la nuit, loin des lumières artificielles des villes, le ciel s'assombrit lentement et dévoile une fresque d'étoiles. En cette saison, la Voie lactée devient particulièrement visible, notamment sa partie centrale, plus dense et lumineuse, qui se lève dans le sud-est. Ce noyau, situé dans la direction du Sagittaire, regorge d’étoiles, de gaz et de poussières interstellaires. Il s’agit du cœur de notre galaxie, celui que l’on peut observer à l’œil nu comme une bande blanchâtre traversant la voûte céleste. Il suffit de laisser ses yeux s’habituer à l’obscurité pendant une quinzaine de minutes pour que…
Cette semaine, deux astronautes américains, Suni Williams et Butch Wilmore, ont effectué leur retour sur Terre après un séjour prolongé de plus de neuf mois à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS), bien qu’initialement prévu pour huit jours. En effet, en raison de problèmes techniques survenus avec le vaisseau spatial Starliner de Boeing, c’est finalement à bord d’une capsule Crew Dragon de SpaceX qu’ils sont revenus sur Terre. L'amerrissage a eu lieu au large de la Floride, où ils ont été accueillis par les équipes de récupération. Cette situation exceptionnelle suscite des interrogations sur les conditions de leur retour et les effets d'un séjour prolongé en microgravité sur le corps humain. Les procédures de retour sur Terre après un long séjour en microgravité sont délicates et nécessitent une préparation minutieuse pour assurer la sécurité et le bien-être des astronautes. La microgravité, ou impesanteur, présente dans l'ISS a des effets…
Le neutrino le plus énergétique jamais détecté a été vu par l’expérience KM3NeT/ARCA. Partout dans le monde, des expériences s’apprêtent à décrypter les messages de ces particules insaisissables. La découverte de ce neutrino vient de faire l’objet d’un article dans la revue Nature, mercredi 12 février 2025. Avec 220 petaélectronvolts (PeV), il est près de 30 fois plus énergétique que le précédent record ! Postulé en 1930 par Wolfgang Pauli pour résoudre un défaut d’énergie dans la radioactivité bêta et détecté pour la première fois en 1956, le neutrino est une particule assez insaisissable. Pourtant l’une des plus abondante de l’Univers. Il faut dire que sa masse quasi-nulle et son absence de charge conduisent à ce que son interaction avec la matière est très faible. Il en est naturellement de même des détecteurs conçus pour la traquer, qui rivalisent de gigantisme pour tenter de saisir cette chance ! C’est dire toute…
En ce début d’année où nous échangeons nos vœux de bonheur ou de réussite, nous ne faisons finalement que célébrer la rotation de la Terre autour de l’étoile centrale de notre Système solaire : le Soleil ! Lors de la formation du système solaire, une nébuleuse de gaz et de poussières a commencé à s'effondrer sous l'effet de la gravité. Cette matière, initialement en mouvement, s'est contractée en un disque en rotation. Ce mouvement de rotation s'est conservé en vertu de la loi de la conservation du moment cinétique, selon laquelle un objet en rotation tend à conserver son mouvement de rotation tant qu'aucune force extérieure n'agit pour le modifier. Les planètes héritent de cette rotation initiale de la nébuleuse et c’est la raison pour laquelle elles tourent sur elles-mêmes, à des vitesses qui peuvent toutefois être différentes à cause de collisions ou d’interactions gravitationnelles survenues pendant ou après leur formation. La…