Vue aérienne de l'antenne de détection des ondes gravitationnelles VIRGO (à Cascina, en Italie). UPS627 VIRGO 20030001_1143
En juillet 2025, les collaborations LIGO, Virgo et KAGRA ont annoncé la détection de l'événement GW231123, un signal gravitationnel d'une ampleur inédite. Cet événement, survenu le 23 novembre 2023, marque la fusion de deux trous noirs extraordinairement massifs, donnant naissance à un trou noir final de près de 225 fois la masse du Soleil. Il s'agit de la plus grosse coalescence de trous noirs jamais observée par ondes gravitationnelles. Les deux objets précurseurs pesaient environ 100 et 140 masses solaires. Or, selon les modèles actuels d'évolution stellaire, ces masses dépassent le seuil où une étoile peut normalement s'effondrer directement en trou noir. Cette "zone interdite", dite "mass gap", est généralement comprise entre 60 et 130 masses solaires. Pour expliquer leur existence, les astrophysiciens envisagent un scénario de fusion hiérarchique : chaque trou noir serait lui-même issu d'une fusion précédente, survenue dans un environnement dense tel qu'un amas globulaire ou un…
La récente loi Duplomb, adoptée en juillet 2025, a ravivé les tensions autour de l’usage de certains pesticides en agriculture, en particulier ceux que l’on regroupe sous le nom de neurocorticoïdes. Ce terme fait référence à des insecticides neuroactifs, proches des néonicotinoïdes, longtemps utilisés pour protéger les cultures des insectes ravageurs. Leur efficacité est indéniable : en agissant sur le système nerveux des insectes, ils provoquent leur paralysie et leur mort. Pourtant, ces substances ont aussi un revers préoccupant, car elles affectent bien plus que les seuls nuisibles visés. Le cœur du problème réside dans leur mode d’action et leur persistance. Les neurocorticoïdes, une fois appliqués, sont absorbés par la plante et se retrouvent dans toutes ses parties : feuilles, tiges, fleurs, mais aussi nectar et pollen. Cette propriété les rend redoutablement efficaces, mais elle expose aussi tous les insectes qui interagissent avec la plante, y compris les pollinisateurs comme les abeilles.…
L'évolution biologique est traditionnellement un processus lent, guidé par la sélection naturelle au fil des générations. En laboratoire, les scientifiques ont appris à reproduire ce mécanisme sous forme d’évolution dirigée, en introduisant des mutations dans des gènes pour sélectionner les plus performants. Mais cette méthode, bien que puissante, reste limitée lorsqu’il s’agit de faire évoluer des protéines directement dans des cellules humaines. C’est dans ce contexte qu’intervient PROTEUS, une plateforme innovante présentée comme un accélérateur d’évolution cellulaire. Développée par une équipe de chercheurs de l’Université de Sydney, PROTEUS (PROTein Evolution Using Selection) est une technologie open source permettant de faire évoluer rapidement des protéines dans des cellules de mammifères vivantes. Contrairement aux systèmes classiques qui utilisent souvent des bactéries comme hôtes, PROTEUS fonctionne dans un environnement cellulaire beaucoup plus proche du corps humain. Cela ouvre la voie à des applications biomédicales plus précises et directement transposables. Le cœur de PROTEUS…
Si l'on observe le téléphone portable non comme un outil, mais comme un agent insidieux ayant colonisé nos comportements, nos attentions et nos rythmes biologiques, une analogie frappante avec le parasitisme biologique peut émerger. Sans prétendre qu’il s’agit d’un parasite au sens strict, ce parallèle offre une grille de lecture féconde pour réfléchir à l’impact des technologies sur notre évolution. En biologie, un parasite est un organisme qui vit aux dépens d’un hôte, dont il tire profit — en énergie, en abri ou en capacité de reproduction — souvent sans le tuer, mais en altérant ses fonctions normales. Certains parasites modifient même le comportement de leur hôte pour assurer leur propre survie et propagation (comme le toxoplasme chez certains rongeurs, qui les rend plus téméraires face aux chats). Le téléphone portable, surtout sous sa forme « smartphone », a radicalement modifié les modes de vie humains en deux décennies. Il…
Alors que les canicules deviennent de plus en plus fréquentes et plus intenses en France, certaines zones comme Cherbourg semblent échapper à ce fléau. La ville normande attire déjà des visiteurs en quête de fraîcheur. Mais ce potentiel paradis climatique est-il durable ? Face aux projections climatiques alarmantes, Cherbourg pourrait-elle devenir un véritable refuge climatique ou perdre cet avantage ? Une canicule est une période prolongée de chaleur intense, caractérisée par des températures élevées de jour comme de nuit. Ce manque de fraîcheur nocturne empêche le corps de se régénérer, ce qui augmente les risques sanitaires, en particulier pour les personnes vulnérables. En France, les épisodes caniculaires se multiplient et s’intensifient. Entre fin juin et début juillet, le pays a connu une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures dépassant les 40 °C. Ce phénomène, autrefois rare, devient de plus en plus fréquent avec le dérèglement climatique. Les impacts sont déjà…
Le cholestérol est une molécule lipidique indispensable à notre organisme. Il entre dans la composition des membranes cellulaires, participe à la production de certaines hormones et à celle de la vitamine D. Il est transporté dans le sang par des lipoprotéines, dont les deux principales sont le LDL (« mauvais » cholestérol) et le HDL (« bon » cholestérol). Lorsque le taux de cholestérol LDL est trop élevé, il peut s’accumuler sur les parois des artères, formant des plaques d’athérome. Ce processus, appelé athérosclérose, augmente le risque de maladies cardiovasculaires comme l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cérébral. Pour prévenir ces complications, on recommande d’adopter un mode de vie sain (alimentation équilibrée, activité physique) et, si nécessaire, de prendre des médicaments. Les statines sont les plus couramment prescrites, souvent associées à d’autres traitements comme l’ézétimibe ou les inhibiteurs de la protéine PCSK9. Malgré cela, certains patients à haut risque ne…
Le mois de juin 2025 offre une fenêtre incroyable pour admirer le ciel nocturne : la Voie lactée brille de son noyau le plus dense, les planètes principales s’alignent, et le solstice d’été apporte des nuits courtes mais magiques. Voici pourquoi cette période est une opportunité en or pour les passionné-e-s d’astronomie. À la tombée de la nuit, loin des lumières artificielles des villes, le ciel s'assombrit lentement et dévoile une fresque d'étoiles. En cette saison, la Voie lactée devient particulièrement visible, notamment sa partie centrale, plus dense et lumineuse, qui se lève dans le sud-est. Ce noyau, situé dans la direction du Sagittaire, regorge d’étoiles, de gaz et de poussières interstellaires. Il s’agit du cœur de notre galaxie, celui que l’on peut observer à l’œil nu comme une bande blanchâtre traversant la voûte céleste. Il suffit de laisser ses yeux s’habituer à l’obscurité pendant une quinzaine de minutes pour que…
Les lémuriens, emblèmes de la biodiversité malgache, sont parmi les primates les plus menacés au monde. Madagascar est leur unique habitat naturel, ce qui rend leur conservation particulièrement vulnérable aux pressions humaines et environnementales. Les lémuriens constituent un groupe de primates endémiques à Madagascar, représentant un cas unique de radiation évolutive insulaire. Sur les quelque 120 espèces identifiées, la majorité est aujourd’hui menacée d’extinction, certaines de manière critique selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ce phénomène résulte d’un ensemble de pressions anthropiques et environnementales qui affectent l’ensemble des écosystèmes forestiers malgaches. La perte d’habitat constitue la première menace pour les lémuriens, alors que Madagascar a perdu environ 44 % de sa couverture forestière naturelle entre 1953 et 2014. Cette déforestation est largement causée par l’agriculture sur brûlis (tavy) – laquelle consiste à débroussailler une parcelle de forêt, à la brûler, puis à la cultiver pendant une…
Le microscope à force atomique (AFM, pour Atomic Force Microscope) constitue aujourd’hui un outil essentiel pour explorer le monde à l’échelle nanométrique. Il permet de visualiser des surfaces et de mesurer des phénomènes invisibles aux microscopes optiques ou électroniques classiques. Son principe repose non pas sur la lumière ou les électrons, mais sur l’interaction mécanique directe entre une pointe très fine et la surface étudiée. Le cœur du dispositif est une aiguille d’extrême finesse, taillée généralement dans du silicium ou du nitrure de silicium. Cette pointe, dont l’extrémité atteint une dimension de l’ordre du nanomètre, est fixée à un levier souple appelé cantilever. Ce levier agit comme un ressort extrêmement sensible. Pour détecter ses mouvements, un faisceau laser est réfléchi sur son dos, et le déplacement du faisceau réfléchi est mesuré par un photodétecteur très précis. Lorsque la pointe s’approche de la surface de l’échantillon, diverses forces entrent en jeu.…
La terre battue, surface emblématique de Roland-Garros, transforme profondément le jeu par ses propriétés physiques. La mécanique du mouvement permet de comprendre les performances observées sur ce terrain. Elle décrit les trajectoires, vitesses et forces impliquées dans les déplacements et les frappes. Chaque printemps, les plus grands noms du tennis foulent la terre ocre de Roland-Garros. Mais derrière les échanges spectaculaires et les glissades élégantes se cachent des principes de physique tout à fait concrets. La mécanique du mouvement permet de mieux comprendre pourquoi le jeu y est si particulier, si exigeant... et si passionnant à observer. La terre battue est constituée de fines particules (brique pilée), posées sur plusieurs couches de gravier et de calcaire. Sur cette surface, la balle va moins vite qu’ailleurs. Ce n’est pas une illusion : la surface ralentit les échanges car elle dissipe plus d’énergie cinétique. Contrairement aux courts en dur ou en gazon,…