À l’occasion de la Journée Internationale des Femmes et des Filles de Sciences, qui se tient chaque année le 11 février, Terminus des Sciences s’est penché sur l’organisation des sociétés. Ce fut l’occasion de mettre en avant divers travaux, dont ceux de Tatiana Giraud, biologiste de l’évolution qui étudie les mécanismes évolutifs permettant aux organismes de se diversifier et de s’adapter à leur environnement. Si Tatiana Giraud est surtout connue pour ses travaux en génomique évolutive sur les champignons, ses travaux entrent en résonance avec l’étude des colonies de fourmis et, plus largement, avec la compréhension des sociétés animales. Les colonies de fourmis fascinent depuis longtemps les biologistes. Elles fonctionnent comme des « superorganismes » : la colonie se comporte presque comme un seul être vivant, composé d’individus spécialisés. Certaines fourmis sont ouvrières, d’autres soldats, d’autres encore reines. La répartition des rôles, la coopération et parfois les conflits internes posent des questions…
Développé sous la maîtrise d’œuvre d’ArianeGroup pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA), Ariane 6 a réalisé son premier vol en configuration A64, c'est-à-dire avec quatre propulseurs, jeudi 12 février 2026. Elle a vocation à assurer l’accès autonome de l’Europe à l’espace. Les lanceurs ont un rôle stratégique. Si mettre un satellite en orbite est une prouesse technique, c’est aussi un enjeu économique, scientifique et politique. Les satellites de télécommunications, d’observation de la Terre, de navigation ou de recherche scientifique sont devenus essentiels dans le quotidien des Européens et disposer d’un lanceur fiable permet de ne pas dépendre d’autres puissances spatiales pour accéder à l’orbite. Ariane 5, en service depuis 1996, avait déjà acquis une solide réputation de fiabilité, notamment pour le lancement de satellites commerciaux lourds et de missions scientifiques ambitieuses comme le télescope spatial James Webb. Mais le marché a profondément évolué. L’émergence d’acteurs privés, en particulier…
À l’occasion des Jeux olympiques d’hiver, la glace des patinoires apparaît comme une évidence : blanche, lisse, parfaitement régulière, elle semble presque « naturelle ». En réalité, cette surface est le résultat d’un procédé technique complexe, fruit de plus d’un siècle d’ingénierie thermique et d’un entretien quotidien extrêmement rigoureux. Tout commence sous la glace, bien en dessous des patins. Le cœur d’une patinoire est un vaste système de réfrigération intégré dans le sol. Celui-ci repose sur un réseau dense de tubes, généralement en acier ou en plastique haute résistance, disposés en serpentin sur toute la surface de la piste. Dans ces tubes circule un fluide refroidi, le plus souvent une solution d’eau et de glycol ou de saumure, capable de rester liquide à des températures négatives. Ce fluide est refroidi par des groupes frigorifiques comparables, dans leur principe, à ceux d’un réfrigérateur domestique, mais à une échelle industrielle. Mais avant…
Dans les premiers jours de l’incendie tragique du bar Le Constellation à Crans Montana, survenu le 1ᵉʳ janvier 2026 et ayant fait des dizaines de victimes et de nombreux blessés graves, les équipes médicales ont dû affronter une double urgence : sauver des vies et soigner des brûlures étendues chez des patients dont la peau et la microcirculation avaient été profondément endommagées. Confrontés à des zones de brûlure profondes où les vaisseaux sanguins sont détruits et incapables d’apporter naturellement l’oxygène nécessaire à la cicatrisation, les cliniciens ont eu recours à une technologie médicale innovante : un gel cicatrisant inspiré d’une molécule extraite d’un ver marin, Arenicola marina. Cette autorisation exceptionnelle d’usage compassionnel a été accordée au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne pour traiter plusieurs grands brûlés du drame, alors que les traitements classiques peinent à répondre aux besoins cliniques urgents des patients. L’origine de cette avancée remonte à la découverte, dans le…
Dans un contexte de tensions géopolitiques, certains produits illicites reviennent régulièrement dans les discours publics, à la fois comme enjeux sanitaires, économiques et criminels. La cocaïne en fait partie. D’un point de vue scientifique, il s’agit d’une molécule psychoactive puissante dont les effets reposent sur des mécanismes neurobiologiques bien connus, mais dont les conséquences sur l’organisme peuvent être graves, parfois dès les premières consommations. La cocaïne est un alcaloïde naturel présent dans les feuilles de coca, principalement issues de plantes du genre Erythroxylum, cultivées en Amérique du Sud. Les feuilles de coca ont été utilisées depuis longtemps dans certaines pratiques traditionnelles, notamment sous forme de mastication ou d’infusion, avec des effets stimulants relativement modérés. La cocaïne consommée aujourd’hui sous forme de poudre ou de cristaux correspond au contraire à une forme très concentrée et purifiée, dont l’intensité et les risques sont sans commune mesure avec l’usage traditionnel de la feuille…
Connue sous le nom de yakisugi ou shou sugi ban, cette méthode traditionnelle japonaise, redécouverte dans les milieux de l’architecture durable, confère au matériau une résistance accrue aux agents biologiques et climatiques. L’exposition contrôlée à la flamme peut ainsi transformer les propriétés d’un matériau aussi ancien que le bois. Lorsqu’on brûle la surface d’une planche de bois, on provoque une pyrolyse des constituants organiques qui le composent, principalement la cellulose, l’hémicellulose et la lignine. La pyrolyse est une dégradation thermique en l’absence (ou presque) d’oxygène, qui débute aux alentours de 200 à 250 °C. À ces températures, les polymères naturels se décomposent en libérant des gaz, des goudrons et en laissant une couche résiduelle riche en carbone : le charbon de bois. C’est cette croûte carbonisée, noire et fragile au toucher, qui joue un rôle protecteur. D’un point de vue microscopique, cette couche est amorphe, poreuse, hydrophobe, et chimiquement peu…
Les tempêtes sont des phénomènes atmosphériques puissants, souvent associés à des vents violents, des pluies intenses et parfois des orages. Elles sont l’expression visible de l’immense énergie que l’atmosphère peut déployer lorsque certaines conditions météorologiques sont réunies. Comprendre comment naissent les tempêtes permet non seulement de mieux appréhender leur impact, mais aussi de mieux anticiper les risques qu’elles représentent pour les populations et les infrastructures. La formation d’une tempête repose essentiellement sur les contrastes thermiques, c’est-à-dire les différences de température entre deux masses d’air. Lorsqu’une masse d’air froid d’origine polaire rencontre une masse d’air chaud et humide provenant des régions subtropicales, une zone de conflit se crée. Cette zone, appelée front, est le lieu où les échanges d’énergie sont les plus intenses. Le front agit comme un catalyseur : l’air chaud, plus léger, a tendance à s’élever au-dessus de l’air froid, plus dense. Ce mouvement vertical favorise la condensation de…
Depuis plusieurs décennies, les États-Unis jouent un rôle déterminant dans le développement de la recherche climatique mondiale. L’impact des politiques américaines dans ce domaine est fort, qu’il s’agisse de financements, de données scientifiques ou d’architectes d’infrastructures de modélisation. Le premier levier est celui du financement fédéral, qui soutient la majorité des travaux de recherche fondamentale et appliquée sur le climat aux États-Unis. Des agences comme la NASA, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), la NSF (National Science Foundation) ou le Department of Energy (DOE) disposent de budgets dédiés à la surveillance des systèmes climatiques, au développement des modèles prédictifs, et à l’analyse des données issues des satellites, bouées océaniques et autres réseaux d’observation. Or, ces financements dépendent largement des priorités fixées par les administrations présidentielles et le Congrès quant aux orientations de recherche. L’alternance entre administrations républicaines et démocrates illustre bien ce phénomène. Sous la présidence de George W.…
Averse, déluge, giboulée, grain, ondée, précipitation… La pluie et la neige sont issues d’un même processus fondamental : la condensation de la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère. Mais leur formation, leur apparence et leur perception au sol varient en fonction de nombreux facteurs physiques, notamment la température, la structure des nuages, ou encore la dynamique de l’air. Tout commence par l’évaporation de l’eau à la surface de la Terre — océans, lacs, sols humides — qui enrichit l’air en vapeur d’eau. Cette vapeur invisible s’élève avec l’air chaud et humide, qui, en montant dans l’atmosphère, rencontre des couches plus froides. C’est là que la condensation se produit : la vapeur d’eau se transforme en minuscules gouttelettes d’eau ou en cristaux de glace autour de "noyaux de condensation" — souvent des poussières ou des pollens — pour former les nuages. Lorsqu’elles deviennent assez grosses, elles tombent sous l’effet de la gravité.…
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie virale affectant principalement le bétail, notamment les bovins. Elle est causée par un virus du genre Capripoxvirus, appartenant à la famille des Poxviridae. Cette pathologie animale, encore absente de nombreuses régions du monde jusque récemment, suscite une vigilance croissante en raison de son potentiel de diffusion rapide et de ses conséquences économiques importantes. En date du 5 novembre 2025, 97 foyers ont été détectés en France, répartis dans six départements et concernent 66 élevages. La maladie se manifeste principalement par l'apparition de nodules sur la peau, d'où son nom. Ces nodules, qui peuvent mesurer plusieurs centimètres de diamètre, sont fermes, douloureux et parfois nécrotiques. Ils se forment sur différentes parties du corps, notamment le cou, les flancs, les mamelles ou les membres. L’évolution des lésions peut entraîner des cicatrices persistantes, voire une chute des poils ou de la peau dans les zones…