Depuis plusieurs décennies, les États-Unis jouent un rôle déterminant dans le développement de la recherche climatique mondiale. L’impact des politiques américaines dans ce domaine est fort, qu’il s’agisse de financements, de données scientifiques ou d’architectes d’infrastructures de modélisation. Le premier levier est celui du financement fédéral, qui soutient la majorité des travaux de recherche fondamentale et appliquée sur le climat aux États-Unis. Des agences comme la NASA, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), la NSF (National Science Foundation) ou le Department of Energy (DOE) disposent de budgets dédiés à la surveillance des systèmes climatiques, au développement des modèles prédictifs, et à l’analyse des données issues des satellites, bouées océaniques et autres réseaux d’observation. Or, ces financements dépendent largement des priorités fixées par les administrations présidentielles et le Congrès quant aux orientations de recherche. L’alternance entre administrations républicaines et démocrates illustre bien ce phénomène. Sous la présidence de George W.…
Averse, déluge, giboulée, grain, ondée, précipitation… La pluie et la neige sont issues d’un même processus fondamental : la condensation de la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère. Mais leur formation, leur apparence et leur perception au sol varient en fonction de nombreux facteurs physiques, notamment la température, la structure des nuages, ou encore la dynamique de l’air. Tout commence par l’évaporation de l’eau à la surface de la Terre — océans, lacs, sols humides — qui enrichit l’air en vapeur d’eau. Cette vapeur invisible s’élève avec l’air chaud et humide, qui, en montant dans l’atmosphère, rencontre des couches plus froides. C’est là que la condensation se produit : la vapeur d’eau se transforme en minuscules gouttelettes d’eau ou en cristaux de glace autour de "noyaux de condensation" — souvent des poussières ou des pollens — pour former les nuages. Lorsqu’elles deviennent assez grosses, elles tombent sous l’effet de la gravité.…
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie virale affectant principalement le bétail, notamment les bovins. Elle est causée par un virus du genre Capripoxvirus, appartenant à la famille des Poxviridae. Cette pathologie animale, encore absente de nombreuses régions du monde jusque récemment, suscite une vigilance croissante en raison de son potentiel de diffusion rapide et de ses conséquences économiques importantes. En date du 5 novembre 2025, 97 foyers ont été détectés en France, répartis dans six départements et concernent 66 élevages. La maladie se manifeste principalement par l'apparition de nodules sur la peau, d'où son nom. Ces nodules, qui peuvent mesurer plusieurs centimètres de diamètre, sont fermes, douloureux et parfois nécrotiques. Ils se forment sur différentes parties du corps, notamment le cou, les flancs, les mamelles ou les membres. L’évolution des lésions peut entraîner des cicatrices persistantes, voire une chute des poils ou de la peau dans les zones…
L’objectif des accords de Paris (COP21, 12 décembre 2015) était simple dans sa formulation, mais extrêmement ambitieux : mobiliser l’ensemble des États pour limiter le réchauffement climatique bien en‑dessous de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, et autant que possible à 1,5 °C, tout en adaptant les sociétés aux impacts croissants du changement climatique. Sur la décennie, plusieurs avancées structurantes peuvent être soulignées. L’accord a d’abord fonctionné comme un cadre multilatéral de référence qui a résisté à des contextes géopolitiques et économiques difficiles, y compris la pandémie de Covid‑19, sans qu’un grand État ne se désengage de façon durable (même si les États‑Unis ont connu deux périodes de retrait politique récent, sous la présidence de Donald Tromp). L’une des transformations les plus significatives a été l’adoption généralisée de contributions déterminées au niveau national (CDN), ces engagements volontaires de réduction des émissions et d’adaptation que chaque pays doit réviser tous les cinq ans. Cette logique…
Le 28 août 2025, le gigantesque détecteur JUNO, construit en Chine, a commencé son exploration des insaisissables et mystérieuses particules élémentaires que sont les neutrinos. L’objectif de ce projet ambitieux est de percer les mystères des neutrinos, ces particules quasi insaisissables qui traversent la matière à peu près sans interagir. Situé à 700 mètres sous terre pour se protéger du rayonnement cosmique, JUNO repose sur un immense détecteur sphérique rempli de 20 000 tonnes de liquide scintillant, qui a la propriété d’émettre de minuscules flashs lumineux lorsqu’un neutrino y interagit. Environ 43 000 photomultiplicateurs, répartis autour de cette sphère, captent ces signaux infimes. La plupart des neutrinos détectés proviennent de réacteurs nucléaires de deux centrales situées à une cinquantaine de kilomètres de JUNO. Grâce à sa grande taille et sa sensibilité élevée, JUNO devrait être aussi en capacité d’observer des phénomènes rares : neutrinos solaires, géoneutrinos, signaux de supernova, et…
Les sources hydrothermales des grands fonds marins constituent l’un des environnements les plus étonnants où la vie a été découverte. À plusieurs kilomètres sous la surface des océans, en effet, là où règnent une obscurité totale, une pression écrasante et des températures glaciales, la vie semble improbable. Et pourtant, depuis les années 1970, les scientifiques ont découvert dans ces abysses marins des oasis inattendues : les sources hydrothermales. Ces cheminées sous-marines, actives sur les dorsales océaniques, rejettent de l'eau chauffée à plusieurs centaines de degrés Celsius, chargée de minéraux dissous et de gaz comme le sulfure d'hydrogène. Autour de ces panaches brûlants, prolifèrent une multitude d'organismes, parfois très spécialisés, qui ont développé des stratégies biologiques étonnantes pour tirer parti de ce milieu extrême. La découverte de ces écosystèmes, notamment lors de la mission de la submersible Alvin en 1977 au large des Galápagos, a bouleversé notre compréhension des conditions nécessaires…
La chambre à brouillard est un dispositif fascinant qui permet de rendre visible l’invisible. Elle révèle à l’œil nu le passage de particules subatomiques, issues de la radioactivité ou des rayons cosmiques, que les instruments les plus précis mesurent mais que notre perception directe ne peut normalement capter. Son invention, au début du XXe siècle, a marqué une avancée majeure dans l’exploration du monde microscopique et dans l’histoire de la physique des particules. Elle est née des travaux de Charles Wilson, un physicien écossais qui, dans les années 1890, s’intéressait aux phénomènes atmosphériques. Il cherchait à recréer en laboratoire les conditions de formation des nuages et de la brume. Pour ce faire, il conçut une enceinte fermée remplie de vapeur d’eau saturée, qu’il refroidissait brusquement par détente d’air. Il remarqua qu’en présence de poussières ou d’ions, cette vapeur se condensait plus facilement, formant de minuscules gouttelettes. En affinant son dispositif,…
Le cancer de la prostate reste le cancer le plus fréquent chez l’homme. Si son évolution est souvent lente, la détection précoce reste néanmoins essentielle pour éviter les formes agressives. Longtemps centré sur le dosage de l’antigène prostatique spécifique (APS ou PSA), le diagnostic connaît aujourd’hui une véritable révolution induite par l’amélioration des tests biologiques, la sophistication de l’imagerie médicale et l’intégration de l’intelligence artificielle. Le test PSA a longtemps été la pierre angulaire du dépistage. Ce marqueur sanguin, produit par la prostate, peut s’élever en cas de cancer, mais aussi en présence de pathologies bénignes comme l’hyperplasie ou une inflammation, conduisant à de nombreux faux positifs, et des biopsies invasives et parfois inutiles. Pour affiner les diagnostics, plusieurs indices dérivés du PSA ont été développés. Le pourcentage de PSA libre, la densité du PSA (rapporté au volume de la prostate), ou encore sa variation dans le temps (vélocité) apportent…
Le Prix Nobel de physiologie ou médecine 2025 a été décerné à trois chercheurs — Shimon Sakaguchi, Mary E. Brunkow et Frederick J. Ramsdell — pour leurs découvertes sur la tolérance immunitaire périphérique, un mécanisme clé permettant au système immunitaire de ne pas attaquer l’organisme lui-même. Cette avancée, longtemps jugée comme de la recherche fondamentale, est désormais au cœur de multiples innovations biomédicales et biotechnologiques. Le système immunitaire est souvent présenté comme un dispositif de défense chargé d’éliminer virus, bactéries et cellules anormales, mais sa puissance doit être maîtrisée : une immunité « débridée » peut provoquer des maladies auto-immunes (comme la sclérose en plaques ou le lupus), des inflammations chroniques, voire des rejets de greffes. Les trois lauréats ont contribué à mieux comprendre un mécanisme de « frein » immunitaire naturel. Ils ont mis en évidence un type spécifique de cellules immunitaires, appelées lymphocytes T régulateurs (ou Tregs), et le rôle du gène FOXP3…
Depuis quelques décennies, un champ de la chimie des matériaux suscite un enthousiasme grandissant : la mise au point de structures poreuses extrêmement ordonnées, capables d’interagir de façon « sur‑mesure » avec des gaz, des liquides ou des molécules fines. Ces matériaux, construits à l’échelle moléculaire, se sont imposés comme de véritables plateformes technologiques, à la fois dans la recherche fondamentale et dans des applications industrielles ou environnementales. Imaginez un cristal fait de « coins » métalliques reliés par de longues molécules organiques, formant un maillage tridimensionnel dans lequel s’ouvrent des cavités, des « pièces » vides dans lesquelles d’autres molécules peuvent entrer, séjourner, puis repartir. Ces cavités peuvent atteindre des surfaces internes gigantesques par rapport au volume extérieur. Le procédé d’assemblage repose sur la chimie de coordination : des ions métalliques (cuivre, zinc, etc.) se lient à des ligands organiques (par exemple des acides dicarboxyliques) et forment des réseaux réguliers. Ces matériaux sont appelés « cadres métal‑organiques » ou…