Ce mardi 18 août 2026 marquait une nouvelle étape pour le spatial français : Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire dans l’espace, 12e intervention française du type. Avec l’astronaute américain Anil Menon, elle a quitté le sas Quest de la Station spatiale internationale (ISS), à 400 kilomètres au-dessus de nos têtes, pour une opération de maintenance. La mission de Sophie Adenot et Anil Menon consistait à remplacer une antenne appelée Space-to-Ground Antenna (SGANT), installée sur la structure extérieure de l’ISS, qui assure des communications à haut débit entre la Station et les équipes au sol. Cette opération de maintenance serait presque banale si elle n’était pas réalisée dans le vide spatial, avec des températures extrêmes, et où le moindre objet perdu peut devenir un projectile en orbite. Les astronautes travaillent donc attachés à la Station et leurs outils sont eux-mêmes sécurisés. Une sortie extravéhiculaire,…
Chaque été, autour du 12 août, il suffit de lever les yeux vers un ciel suffisamment sombre pour apercevoir de rapides traits lumineux. Nous les appelons des étoiles filantes. Pourtant, elles n’ont rien à voir avec les étoiles ! Et leur origine nous emmène beaucoup plus loin dans le Système solaire. Une étoile filante est un météore : le phénomène lumineux produit lorsqu’un minuscule morceau de matière venu de l’espace pénètre dans l’atmosphère terrestre. Ces petits fragments sont souvent minuscules, de la taille d’un grain de sable à celle d’un petit pois. Mais ils arrivent à une vitesse considérable. Ceux des Perséides, les célèbres étoiles filantes d’août, rencontrent notre atmosphère à près de 59 km par seconde, soit plus de 200 000 km/h ! À cette vitesse, l’air devant le projectile est brutalement comprimé et chauffé. Le fragment et les gaz qui l’entourent deviennent lumineux : pendant une fraction de…
Aux origines du Muséum : quand un jardin de plantes médicinales devient une institution scientifique En 2026, le Muséum national d'Histoire naturelle célèbre quatre siècles d'une aventure scientifique unique. Pourtant, contrairement à une idée largement répandue, ce n'est pas le Muséum lui-même qui fête ses 400 ans. L'institution actuelle est née en 1793, en pleine Révolution française. Ce qui remonte à 1626 est son ancêtre direct : le Jardin royal des plantes médicinales, imaginé par le médecin Guy de La Brosse et créé sous le règne de Louis XIII. Au début du XVIIe siècle, la médecine repose largement sur les plantes. Pour former les médecins et les apothicaires, Guy de La Brosse défend l'idée d'un vaste jardin où seraient cultivées des espèces venues de toute l'Europe et d'autres continents. Son projet reçoit le soutien du roi, dont il est l’un des médecins personnels, mais sa mise en œuvre prend plusieurs années.…
Depuis la première détection d'ondes gravitationnelles en 2015, les observatoires LIGO, Virgo et KAGRA ont profondément renouvelé notre vision des trous noirs. La plupart des objets observés jusqu'à présent correspondent à ce que les astrophysiciens attendaient : des trous noirs issus de l'effondrement d'étoiles massives, dont la masse est généralement comprise entre quelques dizaines et une centaine de fois celle du Soleil. Lorsqu'une étoile massive termine sa vie, son cœur s'effondre sous l'effet de la gravité. Selon sa masse, il donne naissance soit à une étoile à neutrons, soit à un trou noir. Les modèles actuels prédisent cependant qu'il est extrêmement difficile, voire impossible, de produire un trou noir de moins d'une masse solaire par ce mécanisme. Découvrir un tel objet reviendrait donc à constater qu'il s'est formé autrement. Contrairement aux trous noirs « classiques », les trous noirs primordiaux, encore entièrement hypothétiques, ne seraient pas les vestiges d'étoiles mortes.…
À première vue, l’image semble irréelle : au pied du glacier Taylor, en Antarctique, un écoulement rouge sombre contraste avec la blancheur de la glace. Découvertes en 1911 par le géologue australien Griffith Taylor, ces « Blood Falls » (cascades de sang) ont longtemps intrigué les scientifiques. Pendant des décennies, certains ont pensé que des algues rouges étaient responsables de cette coloration spectaculaire. Plus d’un siècle de recherches aura finalement été nécessaire pour comprendre non seulement l’origine de la couleur, mais aussi le mécanisme qui permet à cette eau de s’écouler dans un environnement où tout devrait être gelé. Le premier élément de l’énigme concerne la couleur. Contrairement aux premières hypothèses, il ne s’agit ni de sang ni de micro-organismes pigmentés. L’eau provient d’une saumure extrêmement riche en fer, piégée sous plusieurs centaines de mètres de glace. Tant qu’elle reste confinée sous le glacier, le fer est dissous dans une…
Les chenilles processionnaires figurent parmi les insectes les plus problématiques dans de nombreuses régions d'Europe. Deux espèces sont principalement concernées : la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) et la processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea). Leur nom provient du comportement caractéristique de leurs larves, qui se déplacent en longues files indiennes lors de certaines phases de leur développement. Si ces insectes font partie intégrante des écosystèmes forestiers, leur prolifération croissante soulève aujourd'hui des questions sanitaires, écologiques et économiques importantes. Les principaux désagréments causés par les chenilles processionnaires sont liés à leurs poils urticants. À partir des derniers stades larvaires, chaque chenille développe plusieurs centaines de milliers de poils microscopiques contenant une protéine toxique appelée thaumétopoéine. Ces poils se détachent facilement et peuvent être transportés par le vent sur plusieurs dizaines voire centaines de mètres. Chez l'être humain, l'exposition provoque fréquemment des irritations cutanées, caractérisées par des démangeaisons et des rougeurs comparables…
Si À l’occasion de la Fête de la Musique, il est difficile de ne pas remarquer la place centrale occupée par les instruments à corde. Guitares, violons, violoncelles ou pianos peuplent les scènes et les rues du monde entier. Malgré leur diversité de formes et de sonorités, tous reposent sur un même principe physique : la vibration d’une corde. Lorsqu’une corde est pincée, frottée ou frappée, elle se met à osciller rapidement. Cette vibration déplace les molécules d’air environnantes et crée une onde sonore qui se propage jusqu’à nos oreilles. La fréquence de cette vibration détermine la hauteur du son perçu. Une corde vibrant lentement produit une note grave, tandis qu’une vibration plus rapide engendre une note aiguë. Plusieurs paramètres influencent cette fréquence. La longueur de la corde joue un rôle majeur : plus elle est courte, plus le son est aigu. C’est précisément ce qui se produit lorsqu’un guitariste…
À première vue, le football semble être un sport simple : vingt-deux joueurs, un ballon et un terrain. Pourtant, derrière chaque match de la Coupe du monde 2026 se cache une impressionnante quantité de science et de technologie. Des performances des athlètes à l'analyse tactique, en passant par la conception des équipements, la recherche scientifique joue aujourd'hui un rôle majeur dans le football de haut niveau. L'une des disciplines les plus importantes est la physiologie de l'effort. Un footballeur professionnel parcourt généralement entre 10 et 13 kilomètres au cours d'un match, alternant marche, course, sprint et changements de direction. La façon dont le corps produit et utilise son énergie est étudiée par des mesures de la fréquence cardiaque, de la consommation d'oxygène ou encore de la récupération musculaire, les préparateurs physiques peuvent adapter l'entraînement à chaque joueur afin est de maximiser les performances tout en limitant le risque de blessure.…
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, plusieurs milliers de parachutistes alliés sont largués au-dessus de la Normandie. L’enjeu de leur mission est crucial: sécuriser des ponts, perturber les communications allemandes et préparer l'arrivée des troupes débarquant sur les plages quelques heures plus tard. Leur chute, de plusieurs centaines de mètres, est heureusement ralentie par le parachute, qui leur permet d’y survivre. Pendant sa chute, le parachutiste est soumis à deux forces qui s’opposent : La gravité, d’une part, qui attire tout objet vers le sol. Pour un parachutiste équipé, cette force représente plusieurs centaines de newtons, soit l'équivalent du poids d'un adulte, La résistance de l'air, d’autre part, qui s’applique lorsqu'un corps se déplace dans l'atmosphère. Il doit repousser les molécules d'air qui se trouvent sur son passage. Cette interaction crée une force opposée au mouvement, appelée traînée aérodynamique. Au début de la chute, la vitesse est faible…
Le mois dernier, le mathématicien français Frank Merle a reçu le Breakthrough Prize en mathématiques, pour ses travaux sur les équations d’évolution non linéaires, en particulier sur les phénomènes de stabilité, de formation de singularités et de solitons. Souvent surnommé les « Oscars de la science », ce prix récompense des avancées majeures ayant transformé un domaine de recherche. À première vue, le sujet peut sembler très abstrait. Pourtant, ces questions sont au cœur de nombreux phénomènes physiques : propagation des vagues, dynamique des fluides, lasers, mécanique quantique ou encore astrophysique. Les équations étudiées par Frank Merle appartiennent à la famille des équations aux dérivées partielles. Elles servent à décrire comment un système évolue dans le temps. Par exemple, elles permettent de modéliser la propagation d’une onde à la surface de l’eau ou celle d’un signal lumineux dans une fibre optique. Lorsque ces équations sont dites « linéaires », leur…