Comment une protéine découverte chez une simple algue a-t-elle révolutionné notre compréhension du cerveau ? En récompensant les pionniers de l’optogénétique, le prix Nobel de médecine 2026 consacre une technologie qui permet d’activer ou d'inhiber des neurones à l’aide de la lumière. Cette avancée pour les neurosciences ouvre également des perspectives thérapeutiques prometteuses. Le 5 octobre 2026, le prix Nobel de physiologie ou médecine a été attribué à trois chercheurs : l’Américain Karl Deisseroth, et les Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel. Leurs travaux ont donné naissance à l’optogénétique, une méthode qui associe génétique et lumière pour contrôler l’activité de cellules vivantes, notamment les neurones. Cette révolution scientifique trouve son origine dans l’étude de Chlamydomonas reinhardtii, une algue unicellulaire capable de se déplacer vers la lumière pour optimiser sa photosynthèse. Hegemann et Nagel identifient dans sa membrane une protéine remarquable – la channelrhodopsine – qui réagit à la lumière en…
Le 7 octobre 2026, le chimiste français Henri Kagan, âgé de 95 ans, a reçu le prix Nobel de chimie conjointement avec le Japonais Kenso Soai. Leurs travaux sur la synthèse asymétrique ont profondément transformé notre compréhension des réactions chimiques et ouvert de nouvelles perspectives pour la fabrication de médicaments. Une distinction qui récompense plusieurs décennies de recherche fondamentale. Pour comprendre l'importance de cette découverte, il faut s'intéresser à une propriété étonnante de certaines molécules : la chiralité. Nos deux mains constituent une excellente illustration de ce phénomène. Elles sont symétriques, comme des images dans un miroir, mais impossibles à superposer parfaitement. Il en va de même pour certaines molécules qui possèdent deux configurations spatiales distinctes, appelées énantiomères. Ces molécules ont la même composition chimique, mais leur organisation tridimensionnelle diffère, conduisant à modifier considérablement leurs propriétés biologiques. Aussi, deux énantiomères d'une même substance peuvent interagir différemment avec les protéines de…
Le prix Nobel de physique 2026, attribué au physicien belge Francis Halzen, récompense une aventure scientifique hors du commun : la construction d’un gigantesque détecteur enfoui dans les glaces antarctiques, capable de capter les particules les plus insaisissables du cosmos. Avec son cousin méditerranéen KM3NeT, IceCube ouvre une nouvelle fenêtre sur les phénomènes les plus violents de l’Univers. Chaque seconde, des milliers de milliards de neutrinos traversent notre corps sans que nous en ressentions le moindre effet. Ces particules élémentaires, dépourvues de charge électrique et dotées d’une masse infime, interagissent si rarement avec la matière qu’elles peuvent traverser des planètes entières sans être arrêtées. La plupart proviennent du Soleil, mais certains naissent au cœur des phénomènes les plus énergétiques de l’Univers : explosions d’étoiles, voisinage de trous noirs supermassifs ou noyaux actifs de galaxies. Contrairement aux particules chargées, déviées par les champs magnétiques, les neutrinos voyagent pratiquement en ligne droite.…
En 1933, Fritz Zwicky, un astrophysicien suisse travaillant aux États-Unis, est la première personne à suggérer, à la suite d’observations, que de la matière manquerait entre les galaxies. L’idée tombe dans l’oubli et c’est Vera Rubin qui publie, en 1970, un article confirmant cette possibilité : en analysant, entre autres, la rotation de la galaxie Andromède (notre plus proche voisine), la chercheuse prend conscience que les étoiles périphériques tournent beaucoup trop vite ! La loi de vitesse, dite de Kepler, indique pourtant que plus un astre est éloigné du centre de rotation, plus il doit tourner lentement, à l’instar des planètes du système solaire, où à titre d’exemple, Uranus, qui est 19,2 fois plus éloignée du Soleil que la Terre met environ 84 années terrestres pour en faire le tour. Touillez votre café, regardez la mousse, c’est à peu près ce qu’observe la scientifique : la crème tourne presque d’un…
Elles flottent à la surface de l’océan, s’accrochent aux rochers ou forment d’immenses forêts sous-marines. On les remarque surtout lorsqu’elles s’échouent sur une plage ou qu’elles entourent un maki. Pourtant, les algues sont beaucoup plus présentes dans nos vies qu’il n’y paraît. Alimentation, médicaments, cosmétiques, agriculture, industrie et peut-être demain matériaux ou carburants : ces organismes discrets ont plus d’un talent. Le mot « algue » désigne d’ailleurs une extraordinaire diversité d’organismes. Certaines sont microscopiques, d’autres, comme les grandes laminaires, atteignent plusieurs mètres. Les algues vertes, rouges et brunes correspondent même à différentes lignées qui ont acquis la capacité de réaliser la photosynthèse : comme les plantes, elles utilisent l'énergie lumineuse pour fabriquer de la matière organique à partir notamment de dioxyde de carbone. Cette activité leur donne un rôle écologique considérable puisque le phytoplancton — dont une grande partie est constituée de microalgues — fournit une part importante de l'oxygène…
Notre perception d’un aliment ne se limite pas au goût. Elle dépend aussi beaucoup de sa consistance. Ainsi, un chocolat peut casser nettement sous la dent ou, au contraire, devenir presque immédiatement fondant même lorsque leur composition aromatique est identique. Pour comprendre ces différences, il faut s’intéresser à la rhéologie, la science qui étudie la déformation et l’écoulement de la matière. Entre le solide parfaitement rigide et le liquide aussi fluide que l’eau existe en effet tout un monde. Une mayonnaise, un miel ou une crème dessert sont capables de s’écouler, mais pas de la même manière. Certains deviennent plus fluides lorsqu’on les remue ou qu’on les mâche. D’autres possèdent un « seuil » de contrainte au-delà duquel ils commencent à couler. Et beaucoup d’aliments sont viscoélastiques, c’est-à-dire qu’ils se comportent à la fois un peu comme un liquide visqueux et comme un solide élastique. Ces propriétés ne déterminent pas…
Pour un sous-marin, être difficile à voir ne suffit pas : il faut surtout être difficile à entendre. En effet, si sous l’eau, les ondes électromagnétiques se propagent mal, le son constitue quant à lui un moyen de détection à longue distance que les sonars cherchent à détecter. Pour un constructeur comme Naval Group, réduire la signature acoustique d’un sous-marin constitue un défi scientifique et technique majeur dont la difficulté vient d’abord du nombre de sources sonores présentes à bord. En effet, un sous-marin abrite moteurs électriques, pompes, ventilateurs, systèmes hydrauliques et de nombreux équipements auxiliaires. Chacun peut produire des vibrations susceptibles de se transmettre à travers la structure du navire puis à l’eau environnante. L’enjeu n’est donc pas seulement de fabriquer des machines « silencieuses » mais d’empêcher les vibrations de se propager. Ainsi les ingénieurs travaillent à découpler mécaniquement les équipements de la coque. Machines et structures peuvent…
La rentrée scolaire est traditionnellement le moment où l’on s’interroge sur ce que l’école doit transmettre. Savoir lire, écrire et compter, bien sûr. Connaître l’histoire, la littérature, les langues ou les arts. Apprendre à argumenter, à vivre avec les autres et à devenir citoyen. Mais dans un monde profondément façonné par les sciences et les techniques, une autre ambition devrait s’imposer avec la même évidence : permettre à chacune et chacun d’acquérir une véritable culture scientifique, technique et industrielle. Il ne s’agit pas de faire de tous les élèves de futurs scientifiques ou ingénieurs. La culture scientifique est d’abord une manière de comprendre le monde. Pourquoi le climat se réchauffe-t-il ? Comment fonctionne un vaccin ? D’où vient l’électricité qui alimente nos logements ? Comment une intelligence artificielle produit-elle une réponse ? Qu’est-ce qu’un semi-conducteur ? Comment fabrique-t-on un médicament, un avion, une batterie ou simplement l’eau potable qui arrive…
Lorsque les flammes disparaissent et que les fumées se dissipent, l’incendie de forêt semble terminé. Pour l’écosystème, pourtant, une autre phase commence. Sous les troncs calcinés et les cendres, les sols ont subi des transformations physiques, biologiques et chimiques parfois profondes. Certaines peuvent favoriser temporairement le retour de la végétation, mais d’autres constituent une pollution diffuse susceptible de circuler pendant des mois, voire davantage, dans l’environnement. La question mérite une attention particulière après les incendies exceptionnels qui ont touché la France cet été. INRAE rappelle notamment que les feux peuvent provoquer une perte de carbone organique, perturber les microorganismes et la petite faune du sol et réduire la capacité de celui-ci à retenir l’eau. La disparition de la végétation protectrice rend en outre les terrains beaucoup plus sensibles à l’érosion. Mais le feu ne fait pas que détruire de la matière : il la transforme. Lors de la combustion, une…
Ce mardi 18 août 2026 marquait une nouvelle étape pour le spatial français : Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire dans l’espace, 12e intervention française du type. Avec l’astronaute américain Anil Menon, elle a quitté le sas Quest de la Station spatiale internationale (ISS), à 400 kilomètres au-dessus de nos têtes, pour une opération de maintenance. La mission de Sophie Adenot et Anil Menon consistait à remplacer une antenne appelée Space-to-Ground Antenna (SGANT), installée sur la structure extérieure de l’ISS, qui assure des communications à haut débit entre la Station et les équipes au sol. Cette opération de maintenance serait presque banale si elle n’était pas réalisée dans le vide spatial, avec des températures extrêmes, et où le moindre objet perdu peut devenir un projectile en orbite. Les astronautes travaillent donc attachés à la Station et leurs outils sont eux-mêmes sécurisés. Une sortie extravéhiculaire,…