Ce mardi 18 août 2026 marquait une nouvelle étape pour le spatial français : Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire dans l’espace, 12e intervention française du type. Avec l’astronaute américain Anil Menon, elle a quitté le sas Quest de la Station spatiale internationale (ISS), à 400 kilomètres au-dessus de nos têtes, pour une opération de maintenance.
La mission de Sophie Adenot et Anil Menon consistait à remplacer une antenne appelée Space-to-Ground Antenna (SGANT), installée sur la structure extérieure de l’ISS, qui assure des communications à haut débit entre la Station et les équipes au sol. Cette opération de maintenance serait presque banale si elle n’était pas réalisée dans le vide spatial, avec des températures extrêmes, et où le moindre objet perdu peut devenir un projectile en orbite. Les astronautes travaillent donc attachés à la Station et leurs outils sont eux-mêmes sécurisés.
Une sortie extravéhiculaire, ou EVA (Extra-Vehicular Activity), est une opération complexe et risquée. Aussi, si Sophie Adenot et Anil Menon s’y sont longuement préparés, ils sont aussi assistés par Jessica Meir et Jack Hathaway depuis l’intérieur de l’ISS, qui pilotent notamment Canadarm2 – le bras robotique de la Station – et au sol, par de nombreuses équipes qui suivent simultanément la combinaison, la trajectoire, les communications et chacune des étapes de l’intervention.
La sortie de Sophie Adenot ne représente pourtant qu’une petite partie de sa mission εpsilon, commencée avec son arrivée dans l’ISS le 14 février dernier. Prévue pour durer jusqu’à neuf mois, elle pourrait devenir la plus longue mission d’un astronaute de l’ESA à ce jour. Sophie Adenot participe à près de 200 expériences scientifiques et technologiques, dont jusqu’à 36 expériences européennes et sept spécialement préparées par le CNES pour εpsilon.
L’intérêt scientifique de l’ISS tient principalement à son environnement de micropesanteur. La Station et ses occupants ne sont pas réellement « hors de la gravité » : ils tombent continuellement autour de la Terre. Cette chute libre permanente permet d’étudier des phénomènes physiques et biologiques en supprimant presque entièrement les effets habituels du poids.
On peut ainsi observer comment les muscles et les os s’adaptent, comment les fluides se déplacent dans l’organisme, comment certains matériaux se forment ou encore comment les plantes poussent lorsque la gravité ne leur indique plus où se trouvent le haut et le bas.
Plusieurs expériences de Sophie Adenot illustrent cette double utilité. Avec EchoFinder, par exemple, elle a testé un système associant intelligence artificielle et réalité augmentée pour permettre à des astronautes non-médecins de réaliser eux-mêmes une échographie, sans guidage direct depuis la Terre. Une autonomie qui deviendra indispensable lors d’un voyage vers Mars, lorsque les communications pourront nécessiter plusieurs dizaines de minutes aller-retour. La technologie pourrait aussi être utile sur Terre, dans des régions isolées ou des déserts médicaux.
Avec ChlorISS, Sophie Adenot a également fait germer des plantes en micropesanteur, tandis que quelque 260 000 élèves reproduisaient l’expérience sur Terre. L’objectif est scientifique mais aussi pédagogique : comprendre l’influence respective de la lumière et de la gravité sur la croissance et permettre aux élèves de comparer leurs propres observations à celles réalisées à 400 kilomètres au-dessus de leurs têtes. Les facettes de l’ISS se révèlent ainsi multiple. C’est tout à la fois une destination, un laboratoire, un atelier et un banc d’essai. Les expériences réalisées à l’intérieur utilisent cet environnement exceptionnel pour mieux comprendre notre organisme, tester de nouvelles technologies et préparer les explorations plus lointaines, le tout à près de 28 000 km/h autour de la Terre.
