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La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie virale affectant principalement le bétail, notamment les bovins. Elle est causée par un virus du genre Capripoxvirus, appartenant à la famille des Poxviridae.

Cette pathologie animale, encore absente de nombreuses régions du monde jusque récemment, suscite une vigilance croissante en raison de son potentiel de diffusion rapide et de ses conséquences économiques importantes. En date du 5 novembre 2025, 97 foyers ont été détectés en France, répartis dans six départements et concernent 66 élevages.

La maladie se manifeste principalement par l’apparition de nodules sur la peau, d’où son nom. Ces nodules, qui peuvent mesurer plusieurs centimètres de diamètre, sont fermes, douloureux et parfois nécrotiques. Ils se forment sur différentes parties du corps, notamment le cou, les flancs, les mamelles ou les membres. L’évolution des lésions peut entraîner des cicatrices persistantes, voire une chute des poils ou de la peau dans les zones atteintes. D’autres signes cliniques incluent de la fièvre, une baisse d’appétit, une chute de la production laitière, un écoulement nasal ou oculaire, ainsi que des signes d’abattement général. Dans les cas les plus sévères, des complications peuvent toucher les organes internes, entraînant la mort de l’animal.

La transmission du virus se fait principalement par des insectes hématophages, tels que les moustiques ou certaines espèces de mouches et de tiques. Cela explique en partie pourquoi la DNC est plus fréquente dans les zones tropicales et subtropicales, où les conditions climatiques favorisent la prolifération de ces vecteurs. Toutefois, une transmission directe entre animaux via les sécrétions ou les lésions cutanées reste également possible, bien que moins fréquente.

Historiquement confinée à l’Afrique sub-saharienne, la dermatose nodulaire contagieuse a étendu son territoire au cours des dernières décennies. Elle a été signalée au Moyen-Orient, en Europe de l’Est, en Asie centrale, et plus récemment en Asie du Sud-Est. Cette expansion est facilitée par le commerce international de bétail et par les mouvements transfrontaliers d’animaux, mais aussi par les changements climatiques qui modifient la répartition des vecteurs.

Le contrôle de la maladie repose sur plusieurs stratégies complémentaires. La vaccination est la principale mesure de prévention. Des vaccins vivants atténués, généralement dérivés de souches apparentées du virus de la variole ovine ou caprine, sont utilisés avec une efficacité satisfaisante. Lorsqu’un foyer est détecté, les mesures de biosécurité, de quarantaine, d’abattage sanitaire et de désinfection sont essentielles pour limiter la propagation.

Sur le plan économique, la dermatose nodulaire contagieuse peut causer des pertes considérables. Elle affecte directement la production laitière et la croissance des animaux, compromet la qualité des peaux et diminue la valeur marchande du bétail. L’aspect zoonotique de la maladie n’a toutefois pas été démontré à ce jour : aucun cas de transmission à l’homme n’a été recensé, ce qui limite les préoccupations sanitaires humaines.

La DNC illustre les défis que pose une maladie animale émergente à la croisée des enjeux vétérinaires, économiques et écologiques. Les recherches actuelles sur la maladie s’intéressent à la mise au point de vaccins plus sûrs et plus spécifiques, à une meilleure compréhension de la biologie du virus et de ses interactions avec le système immunitaire bovin, ainsi qu’à l’identification des vecteurs les plus efficaces. Son contrôle exige une coordination régionale, des outils de surveillance robustes et des mesures de prévention adaptées aux contextes locaux.

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