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Depuis plusieurs décennies, les États-Unis jouent un rôle déterminant dans le développement de la recherche climatique mondiale. L’impact des politiques américaines dans ce domaine est fort, qu’il s’agisse de financements, de données scientifiques ou d’architectes d’infrastructures de modélisation.

Le premier levier est celui du financement fédéral, qui soutient la majorité des travaux de recherche fondamentale et appliquée sur le climat aux États-Unis. Des agences comme la NASA, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), la NSF (National Science Foundation) ou le Department of Energy (DOE) disposent de budgets dédiés à la surveillance des systèmes climatiques, au développement des modèles prédictifs, et à l’analyse des données issues des satellites, bouées océaniques et autres réseaux d’observation. Or, ces financements dépendent largement des priorités fixées par les administrations présidentielles et le Congrès quant aux orientations de recherche.

L’alternance entre administrations républicaines et démocrates illustre bien ce phénomène. Sous la présidence de George W. Bush, l’accent était mis sur l’adaptation au changement climatique plutôt que sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Certains budgets furent alors réduits, et les discours officiels relativisaient l’urgence climatique. À l’inverse, les mandats de Barack Obama ont vu une forte relance des programmes de recherche, en particulier autour des énergies renouvelables et des technologies de capture du carbone. La présidence Trump, quant à elle, a marqué un net recul avec la suppression ou la redirection de fonds, la tentative de retrait des Accords de Paris, et la mise à l’écart d’experts climatiques de certains processus décisionnels.

Malgré cela, la résilience des institutions scientifiques américaines est notable. De nombreuses universités et centres de recherche ont maintenu leurs efforts en s’appuyant sur des financements privés ou des partenariats internationaux. Des philanthropes ou des fondations ont contribué à combler le vide laissé par l’État fédéral durant certaines périodes. Par ailleurs, plusieurs États fédérés, à l’image de la Californie, ont développé leurs propres politiques climatiques ambitieuses, incluant des investissements en R&D, des objectifs de neutralité carbone, et des collaborations scientifiques à l’échelle mondiale.

Les États-Unis pilotent ou participent par ailleurs à des projets majeurs de modélisation climatique, comme les simulations CMIP (Coupled Model Intercomparison Project), qui servent de base aux rapports du GIEC. La qualité des superordinateurs mis à disposition, la richesse des archives de données climatiques et l’ouverture relative de ces ressources à la communauté scientifique internationale renforcent leur rôle de référence mondiale. Mais les engagements ou désengagements américains des traités internationaux sur le climat, les choix de représentation dans les instances comme le GIEC ou la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ainsi que les partenariats bilatéraux de recherche, modulent fortement les dynamiques globales. L’adhésion des États-Unis aux Accords de Paris en 2015, puis leur retrait et leur réintégration sous Joe Biden, sont des exemples marquants de cette capacité à infléchir l’agenda mondial.

Ainsi, ce lien étroit entre science, financement public et orientation politique, caractéristique structurante du système américain, agit à la fois comme un moteur et une source d’instabilité pour la recherche climatique avec des répercussions bien au-delà de ses frontières. Si les institutions scientifiques disposent d’une certaine autonomie et d’un niveau d’expertise reconnu, elles restent vulnérables aux aléas politiques, qui peuvent ralentir ou accélérer les progrès selon les priorités fixées. L’association Terminus des Sciences profite de ces lignes pour vous adresser ses meilleurs vœux pour l’année 2026, pleine d’aboutissements dans vos projets, scientifiques ou non !

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