Chaque été, autour du 12 août, il suffit de lever les yeux vers un ciel suffisamment sombre pour apercevoir de rapides traits lumineux. Nous les appelons des étoiles filantes. Pourtant, elles n’ont rien à voir avec les étoiles ! Et leur origine nous emmène beaucoup plus loin dans le Système solaire.
Une étoile filante est un météore : le phénomène lumineux produit lorsqu’un minuscule morceau de matière venu de l’espace pénètre dans l’atmosphère terrestre. Ces petits fragments sont souvent minuscules, de la taille d’un grain de sable à celle d’un petit pois. Mais ils arrivent à une vitesse considérable. Ceux des Perséides, les célèbres étoiles filantes d’août, rencontrent notre atmosphère à près de 59 km par seconde, soit plus de 200 000 km/h !
À cette vitesse, l’air devant le projectile est brutalement comprimé et chauffé. Le fragment et les gaz qui l’entourent deviennent lumineux : pendant une fraction de seconde, une traînée apparaît dans le ciel.
Une comète peut être imaginée comme un assemblage de glaces, de poussières et de roches. Lorsqu’elle se rapproche du Soleil, une partie de ses glaces se transforme en gaz et libère des poussières. Au fil de ses passages, la comète sème ainsi une immense traînée de débris tout au long de son orbite. Or, chaque année en août, la Terre traverse cette traînée.
Nous ne voyons donc pas réellement la comète : nous croisons les matériaux qu’elle a abandonnés derrière elle. C’est un peu comme traverser régulièrement le nuage de poussière laissé sur une route par le passage d’un véhicule. Swift-Tuttle est d’ailleurs une comète impressionnante : son noyau mesure environ 26 kilomètres de diamètre et elle accomplit une révolution autour du Soleil en environ 133 ans. Son dernier passage près du Soleil date de 1992 ; le prochain est attendu en 2125.
Sa grande taille pourrait également expliquer pourquoi les Perséides produisent relativement souvent des bolides, ces météores particulièrement brillants qui illuminent parfois une large portion du ciel.
Si par ailleurs on prolonge vers l’arrière les trajectoires des météores, elles semblent toutes provenir d’une même région du ciel située dans la constellation de Persée. D’où leur nom, mais c’est un effet de perspective, bien que les particules arrivent en effet suivant des trajectoires presque parallèles.
Et inutile de chercher Persée avec un télescope : pour observer les étoiles filantes, nos yeux sont le meilleur instrument. Un endroit sombre, un horizon assez dégagé et un peu de patience suffisent.
En 2026, un étonnant rendez-vous céleste
Cette année, le calendrier astronomique nous a offert une remarquable coïncidence. Le 12 août 2026, jour du maximum des Perséides, une éclipse solaire totale a traversé notamment le Groenland, l’Islande et le nord de l’Espagne. En France, elle était partielle : Dans le Cotentin, la Lune a masqué environ 94 % du Soleil au maximum de l’éclipse.
Quelques heures plus tard, la Terre poursuivait sa course dans les poussières de Swift-Tuttle. La Nouvelle Lune rendait en outre la nuit particulièrement sombre, offrant d’excellentes conditions pour observer les Perséides. Éclipse et étoiles filantes n’ont pourtant aucun lien physique direct. La première résulte de l’alignement du Soleil, de la Lune et de la Terre ; les secondes proviennent de notre traversée des débris d’une comète. Mais elles ont quelque chose en commun : toutes deux rendent visible, pen
